SUMIZOME ZAKURA

SUMIZOME ZAKURA   Fleurs de cerisier couleur encre de Chine

Au début de l’ère de HEIAN (à la fin du 8ème siècle de notre ère), KAMITSUKE NO MINEO, déplorant le décès de l’empereur JINMEI, se rend sur sa tombe pour composer un poème sous le cerisier en fleur que l’empereur aimait tant : « Si ce cerisier-ci a une âme, qu’il porte cette année des fleurs aussi noires que de l’encre de Chine », invoque-t-il.

Une femme apparaît qui récite ce poème et annonce son souhait de devenir bonzesse et de se vêtir dorénavant de noir en mémoire de l’empereur. Quand MINEO s’approche d’elle avec un récipient rempli d’eau pour lui couper les cheveux (ce qui symbolise la prise de l’habit monacal dans le bouddhisme), il distingue le reflet d’une fleur de cerisier qui apparaît à la surface de l’eau à la place du visage de la femme.

Le lendemain matin, les villageois constatent que les fleurs de tous les cerisiers de la colline, qui étaient d’un rose pâle, sont devenues noires comme de l’encre de Chine.

Grâce à la prière du poète, l’âme du cerisier a pris la forme de la bonzesse, qui atteint, en une danse d’actions de grâce, la bouddhéité pour disparaître ensuite peu à peu, comme les fleurs qui se fanent après une courte vie retournent à leurs racines.

Cet argument est tiré du recueil de poèmes intitulé KOKIN WAKASHU (Poèmes du Japon d'aujourd’hui et de jadis, datant du Moyen-Âge). Dans la pièce de Nô dont il s’agit ici, et qui met en scène des caractères féminins séduisants, le moment de la vision du reflet est souvent omis, mais ici cela est représenté pour la première fois dans sa version originale intégrale.

SUMIZOME ZAKURA : Cherry blossom color of India ink

At the beginning of the Heian era (at the end of the 8th century A.D.), KAMITSUKE NO MINEO, who is mourning the death of Emperor JINMEI, goes to visit his tomb and writes the following lines below the cherry blossom the Emperor loved so well:

"If that cherry tree is endowed with a soul, then, let it, for this year, bear flowers as dark as India ink".

A woman comes along chanting those lines and announcing to all that she is willing to take the veil and, from then on, wear only black in memory of the deceased Emperor. When MINEO comes close to her in order to cut her hair (thus symbolizing her taking the veil, according to the Buddhist faith), he can see, in the water-bowl into which her hair should fall, the reflection of a cherry blossom petal instead of the woman’s face.

The next morning, all the villagers can see that all the cherry blossom on the hill has turned as dark as India ink, from the pale rose that was their former color.

Due to the poet’s lines, the soul of the cherry tree had taken the shape of the Buddhist nun, a nun who dances in grace for such an event, as she is reaching the status of a Buddha from that of a mere plant, and a soul who slowly vanishes, like cherry petals fade after a short lifetime and return to their roots.

The storyline is taken from the collection of poems known as KOKIN WAKASHU (Poems of Japan from today and yesteryear, written during the Middle Ages). It is a Nô theater play with a specific trait, casting beautiful attractive female characters. In this very play, a part is usually not shown, the one displaying the moment when MINEO sees the reflection in the water-bowl. Here, for the first time since very long, the original version is presented.

2009/03/29 Sat, 2pm
Stage/Place: Housyou Nougakudou near JR Suidoubashi station, Tokyo Ticket prices: 12000, 10000, 6000, 5000 ,3000
Informaithion  info_shiotsu_noh@yahoo.co.jp
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